Actualités

L'INTERVIEW : RÉMI MANGIN SUR L'IMPLANTATION DES START-UP À PARIS

Les start-up des nouvelles technologies sont à l’origine d’une véritable révolution industrielle, qui se caractérise par l’accélération du financement ainsi que l’émulation autour de l’acte d’entreprendre et d’innover. Le numérique devrait contribuer à hauteur de 20 % du PIB mondial en 2030 et l’accroissement de l’attractivité des villes qui fondent leur développement sur l’innovation et les technologies de l’information et de la communication est une tendance de fond qui bouleverse les hiérarchies traditionnelles des classements. Rémi Mangin, président de CD&B, s’exprime sur le sujet.

Quelles sont les attentes des start-up en termes d’installation de bureaux ?

Les start-up ont besoin d’intensité urbaine. Elles recherchent donc un environnement propice au cœur d’un écosystème, à proximité des donneurs d’ordre, clients et fournisseurs et une connexion performante aux réseaux d’information et de communication. Par ailleurs, pour recruter des nouveaux talents, elles veulent s’installer dans des quartiers dits agréables et très bien desservis par les transports en commun. En France, elles privilégient de fait une localisation à Paris intra-muros. Les 2e et 9e arrondissements tout particulièrement sont le lieu de prédilection de la Net économie : l’apparition d’un « triangle digital » qui s’étend de Bourse à Saint-Lazare, en passant par Opéra, change la physionomie de ce quartier.

Comment se positionne Paris dans la compétition entre les grandes métropoles pour attirer les « jeunes pousses » ?

Paris se classe seulement à la onzième place du top 20 mondialGlobal Startup Ecosystem Ranking 2015 de Compass. C’est la troisième ville européenne, derrière Londres (6e) et Berlin (9e), qui connaissent un taux de croissance fulgurant. En effet, Berlin est ainsi passée du 15e rang en 2012 au 9e en 2015.

Quels sont les atouts de Paris pour l’implantation des start-up ?

Paris bénéficie d’une attractivité auprès de l’industrie digitale française et internationale. De plus, la France se caractérise par son dynamisme entrepreneurial. En 2013, 538 000 entreprises ont été créées en France, dont 275 000 sous le régime d’auto-entrepreneur. La capitale française est également connue pour ses gros incubateurs comme le Cargo, la Station F ou The Family. Paris bénéficie en outre d’un système de recherche renommé dans le monde entier et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la fiscalité française de la R&D est très avantageuse.

Et ses points faibles ?

Paris a un déficit en termes d’image pour les entreprises internationales. Lorsqu’on évoque la France, beaucoup pensent aux 35 heures, à un syndicalisme puissant, une fiscalité décourageante, alors que la réalité est différente. Au niveau de l’immobilier, au-delà des loyers élevés, le talon d’Achille de Paris reste le bail 3-6-9, qui repose sur un engagement long terme. Rappelons qu’en Île-de-France, le taux de disparition à trois ans des start-up serait de 75 %, il y a donc un énorme décalage. Par ailleurs, la sous-location n’est pas très bien vue en France. 

Dernières actualités

Vous voulez rester informés ?
Abonnez-vous à notre newsletter

Série